[Note de lecture] «Reviviscences, avec un zeste de réminiscences» de Ismael Teta: chœur lyrique d’un cœur humaniste

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Reviviscences est le second fait littéraire de Ismael Teta, publié en janvier 2022, chez Afrolivresque.

SENtract – « Il était encore une fois »(p.44)… un passé toujours si présent. Chez Ismael Teta, le passé n’est jamais passé. Il vit et survit. Le poète le vivifie et le revivifie, au besoin, car il se pose, à travers les différents poèmes qui constituent ce fait littéraire, comme la clé qui aide le poète à inviter les Hommes, d’Ici et d’Ailleurs, à ne pas perdre espoir et à reprendre vie dans un monde, aux réalités non moins complexes.

 

Dans ce fait littéraire, le « bohémien » Ismael Teta exécute une manière de « prolongement thématico-scriptural ». On se souvient que dans son premier fait littéraire « Réminiscences »(2017), comme dans le présent recueil de poèmes, le poète dépouillait, avec habileté, sa conscience affective et sa mémoire. Avec beaucoup de lyrisme. D’ailleurs, on retrouve quelques textes de sa précédente publication dans cette œuvre.

Heureux qui comme Teta…avance en regardant sa vie!

En constant mouvement dans sa vie et dans le monde, le poète Ismael Teta se sert de l’écriture pour transmettre sa part de bienveillance, de générosité, de regret, de désespoir, d’espoir, d’insouciance, de reconnaissance, de gratitude. Non pas en pédagogue, mais à la manière de « l’Ulysse contemporain » qui, en quête de lui et du monde, à partir de sa propre trajectoire, souhaite le bien des humains. D’ailleurs,  » Tous les Saints le savent, les pêcheurs aussi »(p.62).

Avec cette écriture de la mémoire, Ismael Teta construit un mécanisme d’auto-reviviscence où, à partir de notre passé, nos souvenirs et nos traces aidant, nous travaillons à ordonner, téméraires, notre avenir jour après jour. Dans ce sens, « Reviviscences » se pose comme la solide passerelle qui nous permet de marquer une pause, au prisme de nos rencontres, nos expériences et nos échanges, qui vivent et survivent les uns dans les autres. Le but ultime d’une pareille démarche étant de regarder nos vies, comme dans une glace, sans narcissisme, afin de s’auto-évaluer et de se projeter avec beaucoup d’optimisme vers l’avenir.

Dans ce fait littéraire, Ismael  Teta prend beaucoup de libertés en enrichissant la langue avec des procédés qui lui sont propres :

« Tu es avec leur Dieu ou contre leur Dieu, punto final/

I mean, Moi si je n’aime pas, c’est pas que je déteste » (p.64-65)

Dans ce sens, son œuvre constitue une ouverture remarquable sur la problématique du langage comme indicateur du brassage culturel, à l’ère de la mondialisation. Cependant, au-delà du tableau d’un passé lyrique, emprunt de la description des parricides et des autres violences généralisées dans un monde au bord de l’implosion, la nouveauté chez Teta restera, sans détour, la valorisation et le respect de l’Autre soi que son œuvre pose comme la clé pour sortir de toutes les crises endogènes et exogènes qui secouent l’humanité!

Baltazar Atangana Noah

Écrivain et critique littéraire

(noahatango@yahoo.ca)