Justice « tiak-tiak » contre de mafia « Kacc Kacci »: Outhmane Diagne sous mandat de dépôt

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SENtract – L’affaire du détournement de «Unes» de journaux n’arrête pas d’afficher des têtes qui tombent. Après le placement sous mandat de dépôt de Papitot Kara qui faisait la revue de ces «titres détournés», par le juge du 2e cabinet, le coordonnateur de Mafia «Kacc Kacci» se retrouve en prison.

 

Outhmane Diagne a été envoyé en prison lundi par le juge du 2e cabinet d’instruction. D’après le pool d’avocats de ce jeune militant de Pastef, rapporte L’AS, le magistrat instructeur vise les chefs de diffusion de fausses nouvelles, effacement et modification des données de journaux.

Membre du pool d’avocats, Me Bamba Cissé avait exprimé son étonnement lorsque leur client avait été placé en garde à vue. «Aussi étonnant que cela puisse paraître, Outhmane Diagne est arrêté juste pour avoir partagé sur sa page Facebook des « Unes » de journaux satiriques avec en entête 3 emoji de sourires. Des dizaines de personnes ont aussi partagé cela sans être inquiétées une seule fois. On lui impute ainsi une diffusion de je ne sais quelles fausses nouvelles», avait dénoncé la robe après l’audition de son client à la Section de recherches.

Mieux, ajoute l’avocat, «aucun journal n’a déposé de plainte contre lui. L’Observateur n’a pas déposé de plainte, c’est le procureur qui s’est autosaisi. C’est tout simplement extraordinaire !» dit-il.

Alors, les conseils de Outhmane sont stupéfaits. Me Patrick Kabou se perd, dit-il, dans ce qu’il fait comme avocat (contentieux en droit des médias et du numérique) et enseigne. Avocat, chargé d’enseignement, Docteur en droit international public, post doctorats en droit pénal international et en droit international humanitaire en France, Me Kabou se demande qui a pu qualifier ainsi ces faits.

A l’en croire, pour tout spécialiste en la matière, c’est du grand délire. «On a même pitié de son auteur. Aucune relation entre les faits et les motifs de sa détention. Ce pays est à califourchon sur l’incohérence», écrit la robe noire avant de préciser qu’en droit, les mots ont un sens. Entre celui qui diffuse, efface, modifie des données de journaux et celui qui partage une publication avec des emoji, dit-il, l’intention est clair : rire d’un fait ou d’une situation. «Dans une tentative de «génuflexion» du droit, j’aurai compris, et ça avec vraiment des neurones en extension, la notion de complicité dans l’infraction. Mais pour que cela soit fondée, il faut que cette infraction existe : effacement et modification des données de journaux», regrette Me Kabou.