(Sentract)-  Le rêve est devenu une réalité. Un orchestre composé 100% de femmes était un projet de « fou », mais grâce à l’abnégation du promoteur et manager culturel Samba Diaité, ce projet composé uniquement de femmes instrumentistes voit le jour. Il s’agit de Khady Dieng pianiste et chef d’orchestre, Aissatou Dieng batteuse, Ndéye Cissé percussionniste, Evora Vaz bassiste et Rema Diome à la guitare solo. Une première fois dans l’histoire de la musique sénégalaise un orchestre composé exclusivement de femmes instrumentistes et chanteuses, sort leur premier album.

 C’est l’aboutissement d’un long processus et le fruit d’un travail acharné entamé il y a de cela quatre années. Conscientes que ce défi titanesque ne sera pas facile à relever, les cinq lionnes de la musique sénégalaise ont vite compris que seul un travail acharné, de tous les instants, leur permettra de faire taire toutes les critiques. Evoluant dans un milieu fortement dominé par les hommes, ces dignes héritières d’Aminata Fall, Kiné Lam, Coumba Gawlo, Viviane et toutes les autres femmes chanteuses du Sénégal ont fini par concocter un album de quatorze chansons. Et puisque charité bien ordonnée commence par soi, l’opus est intitulé « Jigeen » (femme).

Le lancement de ce nouveau bébé a eu lieu, hier à la place du « Souvenir Africain », devant des ténors de la musique sénégalaise, Mbaye Dieye Faye, Jimmy Mbaye, Yoro Ndiaye, etc. C’est juste un régal puisque l’orchestre fait voyager à travers une musique remplie de sensations, de sensualité et d’émotions, une musique faite de rythmes venus de nos divers terroirs ethniques. Ainsi avec brio et aisance, les protégées de Fadel Lo et de Samba Diaité valsent gaiement entre différents styles, de l’afro au blues en passant par le reggae, le hip-hop, le jazz, la salsa, le zouk, sans oublier une dose une mbalax. Au-delà du rythme, de la mélodie, elles portent des messages forts puisqu’elles ont le militantisme en bandoulière. Ces avocates des femmes ont aussi joué sur la carte de la conscientisation et de la sensibilisation dans cette œuvre. Dans la chanson « Pouvoir des femmes », c’est un hymne aux femmes, un hommage à toutes les braves dames.

Très complices, ces cinq filles qui sont aussi des observatrices averties de la société ont abordé, à travers le titre «Migration », la lancinante question de l’émigration qui plombe sérieusement l’équilibre social du continent africain avec ces hordes de passagers clandestins en quête d’un hypothétique Eldorado européen. Dans « Adduna », elles posent un regard inquisiteur et interrogatif sur les vicissitudes de la vie et les nombreux aléas de la société. « Jigeen Ni », le titre éponyme consacre la place de la femme dans la société et surtout son rôle capital de socle sur lequel repose l’équilibre de toute la société.

« Fas Wuu Nuul » : ce titre est une adaptation d’une chanson traditionnelle sérère popularisée par Fulgence Faye, il y est question de tout mettre en valeur nos traditions. Il y a aussi une ode à l’amour avec la chanson « Mbeggeel », ce thème universel est remis au goût du jour par des jeunes filles conscientes de la place de choix qu’il occupe au sein de toutes les sociétés du monde. « Door Waar » est une incitation au travail et à la persévérance. Il y a aussi des titres comme « Xarit », « Excision », « Dafa doy », etc

Sentract

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