[Tribune] Un club, une histoire : FC BARCELONE (par Bassirou Sakho)

Camp Nou, lieu du sacre Barcelonais.

« Le Barça va plus loin que le football. Nous sommes porteurs de l’épopée la plus émouvante de l’histoire : celle qui guide les peuples insoumis vers la liberté. »

Joan Laporta, ancien président

 

[Tract] – Camp Nou, un soir du mois de mars 2017, se jouait alors un match retour des quarts de finale de la Ligue des Champions, qui opposait le FC Barcelone face au Paris Saint Germain, l’ambiance de la ville était électrique. Depuis le matin, supporters et touristes partageaient bars et restaurants de la place de Catalogne. Autour de grandes pintes de bière, la ville ne parlait ni Catalan, ni Espagnol encore moins Français mais une seule langue : le football. 

 

Pas un mot plus haut que l’autre, pas un geste de violence, mais au contraire une certaine fraternité sportive.   

Pour les Socios et les fans du FC Barcelone, le 8 mars restera à jamais une journée inoubliable. Elle donnera par ailleurs naissance au mot « remontada » dans le dictionnaire français.

Au soir du saint Valentin 2017, au parc des princes, PSG infligeait un cinglant 4-0 à Barça. Coté Barcelonais, fallait-il se résigner ou espérer un miracle au match retour ? 

 La MSN (Messi, Suarez, Neymar) et sa bande va devoir éblouir le monde du ballon rond. 

Alors que tous les regards étaient tournés vers le match retour au camp Nou, qui n’aurait dû être qu’une formalité pour Paris et ses supporters va s’avérer être leur pire cauchemar. 

Tout commence dès l’entame du match. Les blaugrana mettent une énorme pression sur le camp parisien et Suarez ouvre le score après seulement 3 minutes. Les Barcelonais peuvent encore rêver, le stade continue de vibrer et, les joueurs Catalans sont galvanisés par le public. Le salut est venu à la 95ème minute sur un passe de Neymar : une glissade et un but de Roberto qui assomme le PSG. Jamais une émotion n’a été aussi grande dans l’histoire du football. Le Camp Nau a toujours été un lieu de théâtre des émotions comme cette soirée de « remontada », il a été aussi un lieu de sinistre mémoire. 

 

Camp Nou, terrain de jeu ou arène politique ?

Menacé, traqué, fusillé, emprisonné, guillotiné, exilé.  Normalement ce champ lexical de guerre ne devrait pas apparaitre dans le glossaire historique d’un club de football. Pourtant il fait partie de l’histoire sombre du FC Barcelone.

Depuis sa création en 1899, le FC Barcelone est passé par de nombreux moments bons et moins bons.  Le Barcelone est un symbole majeur de la Catalogne et de sa culture comme en témoigne sa devise qui dit « Plus qu’un club » (Més que un club).

L’auteur de cette devise est Agustí Montal, qui en avait fait son slogan de campagne lors des élections de la présidence de FC Barcelone en 1973. Si Barcelone est considéré « plus qu’un club », c’est aussi parce que la Catalogne est l’un des tout premiers Etats constitués dans la péninsule Ibérique, ne se considérant pas comme un simple terroir Espagnol, mais comme une nation à part entière.

Les liens entre le FC Barcelone, la communauté Catalane et la politique se sont renforcés au fil du temps par le biais de nombreux faits historiques qui les rapprochaient de plus en plus. En 1917 par exemple, le FC Barcelone institutionalise le Catalan comme langue officielle de l’équipe. Les affaires courantes se feront en langue Catalane. En 1918 le FC Barcelone soutient publiquement la campagne politique en faveur de l’autonomie de la Catalogne menée par la Liga régionaliste. A cela s’ajoute l’hymne national espagnol qui s’est fait huer dans le stade Barcelonais. S’en suivent des représailles du régime : fermeture du stade pendant six mois, démission forcée du président Haus Gamper qui va s’exiler. Affecté par son départ forcé et ruiné Gamper se suicide en 1930.Même si un malheur ne vient jamais seul, le pire reste à venir. La guerre civile éclate en 1936. Le régime franquiste, arrivé au pouvoir après trois ans de guerre civile (1936- 1939), tenta par tous les moyens de centraliser son pouvoir à Madrid. Il réprima les envies d’autonomie de la Catalogne. Coupable de ne pas s’être rallié à Franco, le FC Barcelone ne fut pas épargné. En 1936, Josep Sunyol alors président du club fut assassiné par les armées franquistes durant un contrôle de routine, et son siège social dévasté deux ans plus tard lors d’un bombardement.

Affaibli, le FC Barcelone fit sa tournée Mexicaine de l’époque pour renflouer les caisses mais aussi pour faire écho sur le plan international de la situation de la Catalogne. 

Bien que le régime franquiste eût tout fait pour étouffer ses velléités politiques et sportives, le FC Barcelone, trouva malgré tout les ressources pour s’affirmer au plus fort de la dictature.

 

Johan CRUYFF, la révolution du football Barcelonais

Cruyff a été entraineur de FC Barcelone de 1988 à 1996, après avoir brillé sous les couleurs des blaugrana entre 1973 et 1978 où il a inscrit 60 buts en 168 matchs. 

En 1979, Cruyff a eu l’idée de fonder une académie de football qui fonctionnerait sur les mêmes principes que la célèbre « youth academy » de l’Ajax d’Amsterdam. Sa proposition fut finalement acceptée et un ancien bâtiment de campagne nommé la Masia fut transformé en siège de l’académie. Quelques années plus tard la Masia est devenue l’une des académies de football les plus vénérées au monde, connue autant pour son organisation immaculée que pour les nombreux joueurs talentueux qui l’ont traversé et sont devenus des stars. 

La liste des ces joueurs sont entre autres : Pep Guardiola, Cesc  Fabregas, Gérard Piqué, Lionel Messi ou encore Ansou Fati.

Quand le coach Néerlandais est arrivé à Barcelone il a su mettre son sens du talent en mettant en place une sorte de « Dream- Team » ajustant joueurs locaux Tel que Txiki Begiristain , Pep Guardiola avec des stars internationaux comme Michael Laudrup, Romario ou encore Hristo Stoichkov. Dès lors une philosophie de jeu commence à naître et va servir de tremplin vers ce qui deviendrait le système Tiki-taka qui sera l’identité de FC Barcelone.

Sous Cruyff, Barcelone a remporté quatre titres consécutifs en liga, deux trophées de la copa del Rey, une coupe des vainqueurs de coupe, ainsi que leur premier titre Européen.

En plus de toutes ses réalisations, Johan Cruff a ouvert la porte du club à d’autres internationaux Néerlandais. Le mariage entre Le Barça et les Pays-Bas marche très bien, la « connexion Hollandaise » de Barcelone était à son apogée dans les années 90 et au début des années 2000, avec Ronald Koeman, Patrick Kluvert, Giovani Van Bronckhorst, les frères De Boer, Michael Reiziger… en particulier laissant une grande marque au club.

L’influence Néerlandaise ne s’est pas arrêtée dans la politique du club malgré le départ de Cruyff en 1996, Louis Van Gaal a pris la relève en tant qu’entraineur et poursuivi une série de résultats satisfaisantes en remportant deux Liga, deux copa del reys et une coupe des vainqueurs de coupe.  

 

 L’âge d’or du FC Barcelone 

Du Barca de Yohan Cruff, en passant par Guardiola au Barça de Luis Enrique, de nombreuses équipes performantes se sont succédé. Le FC Barcelone a exercé une domination sur l’Espagne et l’Europe avec une pléiade de joueurs tous aussi prestigieux les uns que les autres comme Luiz Suarez (l’Espagnol), Stoitchkov  Rivaldo, Ronaldinho ou encore Messi , tous Ballon d’or, ont porté ou portent encore les couleurs du Barça. Une liste à laquelle il faut ajouter Diego Maradona, Romario, Ronaldo qui ont contribué à placer Barcelone au sommet du football mondial.

 

Bassirou Sakho

Conseiller Sportif 

Playmaker Sport Agency