(Sentract)- Elles constituent un quintette qui dépare dans le paysage musical Sénégal. Et pour cause, elles sont cinq filles qui forment un orchestre, le bien nommé « Jigeen Ni » mis en place par un passionné de musique : Samba Diaïté. Ces cinq femmes entendent tracer leur sillon et marquer de leur empreinte la musique Sénégalaise et mondiale. Nous nous sommes immergés dans leur vie pour vous les faires découvrir.

 

KHADY DIENG : PIANISTE ET CHEF D’ORCHESTRE

Khady Dieng est issue d’une famille de musiciens. Elle est la fille de feu Safirou Dieng, pianiste et chef d’orchestre de l’African Salsa de Pape Fall. Elle a donc voulu marcher sur les traces de son père. Très tôt attirée par la musique, elle a dû prendre son mal en patience avant d’effectuer le grand saut. Le père qui était musicien professionnel ayant fait ses humanités au sein de l’ASFA Orchestra, ne voulant pas entendre parler d’une fille musicienne dans sa famille. Pourtant, devant la détermination et la passion affichée par ses filles, il a fini par céder. En tant que pédagogue averti, il a guidé les premiers pas de ses filles qui ont voulu suivre ses pas.

Korka a été la première à franchir le Rubicon, avant que les autres ne puissent effectuer le grand saut. En effet, dans la famille Dieng, elles sont désormais trois filles à s’adonner à la musique. Outre, Korka qui est devenue une chanteuse connue et reconnue, il y a aussi Aïssatou qui officie à la batterie et Khady qui joue du piano.

C’est donc son père qui lui a donné ses premières leçons. A sa disparition, elle s’est sentie presque investie d’une mission. Pour perpétuer et fructifier le lourd héritage de son paternel, elle a décidé de se perfectionner un peu plus. Elle qui, à 17 ans, a décidée de faire de la musique son métier. Pour ce faire, elle bénéficie de l’encadrement du célèbre pianiste et jazzman Pape Fall. Travailleuse acharnée pour ne pas dire perfectionniste Khady à souhait, elle ne se fixe aucune limite. Elle intègre ainsi des groupes à majorité composés d’hommes. Une formation à la dure qu’elle a librement choisie pour ne pas tomber dans la facilité. Pour affiner sa technique, Khady a joué du Gospel durant 4 ans. Mais Khady a voulu tâter d’autres horizons. Avec sa sœur Aïssatou, elle a fait une formation en maintenance réseaux informatiques (BTS) de 4 ans.

Déterminé, elle a jouée dans des groupes comme celui de Pape Niang ou encore de Carlou D ou le Takeifa. Bien qu’ayant gagné la reconnaissance de ses pairs, elle décide de tracer sa voie avec un projet qui s’appelle Bicart Music School. Il s’est agi de donner des cours de musique dans les écoles privées et publiques au Sénégal. Une manière de combler un vide et de permettre à des jeunes d’apprendre la musique, surtout dans les écoles publiques.

Aujourd’hui, elle est pianiste-chanteuse et chef d’orchestre de l’Orchestre « Jigeen Ñi » suite à son intégration dans le groupe par Samba Diaïté. Désormais, elle ambitionne, à travers la musique, de conquérir le monde, afin de représenter et de donner plus de place à la femme dans ce secteur dominé par les hommes. Ouverte et curieuse de nature Khady slalome allégrement entre les genres et garde toujours espoir de faire de son orchestre une belle vitrine pour la musique sénégalaise aux quatre coins du monde.

 

AISSATOU : BATTEUSE ET CHANTEUSE

 

De son vrai nom Mame Warakh Dieng, Aïssatou est aussi surnommée Toise. La fille de feu Safirou Dieng a décidé de devenir musicienne à l’instar de ses sœurs Korka et Khady. Son amour pour la musique a surtout été accentué par la proximité avec son défunt père, qui fut le chef d’orchestre du groupe African Salsa. Elle explique que cette activité librement choisie constitue une façon de lui rendre hommage. Du reste, elle garde précieusement les premières baguettes que son père lui avait offertes à ses débuts.

Son amour pour la batterie est venu d’un concert des Beatles qu’elle suivait à la télé. C’est de là qu’elle a a séduite par le batteur du groupe.  Aïssatou a aussi intégré l’orchestre « Jigeen Ñi » à  par l’entremise de Samba Diaïté, en qualité de batteuse-chanteuse. En dehors de la musique, elle été pendant longtemps coordinatrice de transport d’élèves dans une école privée de la place.

Pourtant, malgré cette activité débordante, elle avoue qu’elle n’a pas choisi la musique. C’est plutôt la musique qui l’a choisie. Elle révèle qu’elle a tout fait pour ne pas céder à la tentation. Mais l’appel du sang et la passion ont fini par prendre le dessus. Tout a démarré pour elle en 2007, alors que son défunt père était en train de former sa grande sœur Korka. Ainsi, elles allaient souvent voir des concerts de Youssou  Ndour ensemble et aussi  des concerts live du groupe Allemand « Scorpions », du grand chanteur Klaus Meine, qu’elle a surtout flashé sur la batteur. Elle apprécie aussi beaucoup le batteur James Kottak qui jouait il avait beaucoup de punch.

Elle explique que leur père s’être rendu compte en 2007 que ses filles aimaient vraiment ce qu’elles faisaient avec un engagement sans faille. C’est ainsi qu’avec l’intervention de leur mère, ce dernier les a appelés dans sa chambre en leur demandant de manière frontale ce qu’elles voulaient faire. Sans hésiter Aïssatou lui a répondu qu’elle voulait faire de la musique et surtout devenir chanteuse. Il lui a alors répondu que pour être un artiste complet, il faut savoir jouer un instrument. Sur un coup de tête elle lui a dit la batterie. Moins d’une semaine après, son père lui a acheté ses premières baguettes. Depuis lors, elle les garde très précieusement.

Elle a intégré l’Orchestre Jigeen Ni   par l’entremise de sa petite sœur Khady qui est la pianiste du groupe. Parfaitement intégrée dans son orchestre elle a très rapidement trouvé sa place. Au départ elles étaient trois batteuses mais à force de persévérance elle, a réussi à se frayer son chemin et à se retrouver au devant en qualité de titulaire indéboulonnable. Comme toutes les autres elle compte tout faire pour jouer à merveille son rôle de pionnière. Avec cet orchestre elle ambitionne de faire le tour du monde pour vendre admirablement la destination Sénégal.

 

MAREME DIOME ALIAS REMA : LA GUITARISTE

 

Rema, de son vrai nom Maréme Dione, est la guitariste et chanteuse de l’orchestre « Jigeen Ni ». Issue d’une respectable famille Sérère, rien ne la prédestinait à l’art. Mais elle a toujours manifesté un penchant pour la musique. Cette passion s’explique, car elle a su trouver dans la musique le moyen de se sociabiliser un peu plus. Introvertie pour ne pas dire timide, elle était renfermée sur elle-même durant toute sa prime jeunesse. C’est grâce à la musique qu’elle a vraiment réussi à sortir de sa coquille. C’est au collège qu’elle s’est intéressée vraiment à la musique en faisant preuve de dynamisme et d’entregent en organisant des soirées très courues par les jeunes. C’est ainsi qu’elle décide de faire le grand saut et de faire du rap.

C’est en classe de 5e au collège qu’elle a vraiment commencé à écrire des textes. En classe de 3e, la musique a pris une place de plus en plus grande dans sa vie. Elle manifestait un intérêt toujours plus accru pour l’art, en usant de l’arme de l’écriture des chansons pour exprimer son ressenti en abordant des thèmes liés aux problèmes sociaux dans ses morceaux. Elle gagne en assurance et adopte le nom de Rema pour se faire un nom dans l’univers très macho du rap.

Son choix évident de faire de la musique qui était sa passion, sa principale occupation finit par s’imposer à elle et à ses proches. Après l’obtention du BFEM, elle est allée suivre une formation à l’Ecole Nationale des Beaux Arts en réussissant avec brio au concours d’entrée de cette prestigieuse école. Ainsi, elle intègre la section Arts Scéniques. C’est ainsi qu’elle a appris la guitare et la chanson et est sortie de l’ENA avec un diplôme en Arts Scéniques.

Contrairement à beaucoup de jeunes filles, elle, c’est sa mère qui l’a encouragé à opter pour la musique en la soutenant tout au long de son cursus. A la fin de sa formation, elle n’a pas mis pas beaucoup de temps avant de trouver un point de chute. A la suite d’une audition musicale, drivée par Samba Diaïté, producteur et manager du groupe, elle a fini par intégrer l’orchestre « Jigeen Ñi » en qualité de guitariste et chanteuse.

Rema, qui habite Kounoune, dans la lointaine banlieue de Dakar, est déterminée à relever tous les défis et à vaincre les écueils placés sur son chemin. Elle n’hésite jamais à quitter très tôt son lointain quartier pour rallier le centre-ville de Dakar et prendre part aux répétitions de son orchestre. Elle compte participer effectivement à l’éclosion de ce groupe qui est une grande première sous nos cieux. Rema compte sillonner le monde et représenter dignement notre pays en portant toujours plus haut le flambeau des femmes artistes.

EVORA : BASSISTE ET CHANTEUSE

 

De son vrai nom Evora Asta Vaz, cette jeune fille aux dreadlocks impressionnants et bien entretenus a toujours été attirée par l’art. Cette orpheline de père a trouvé dans l’art le moyen le plus sur pour se sociabiliser. Elle se définit elle même comme « une jeune femme qui cultive la différence, mais qui est aussi courageuse et déterminée ». Elle avoue n’avoir que deux centres d’intérêt dans son existence : la musique et sa famille.

Evora a toujours été attirée par l’art. Elle a commencé par faire de la danse, avant de bifurqué vers le rap, de tâter le cinéma et finalement de rejoindre l’orchestre « Jigeen Ni ». Toute cette débauche d’énergie n’entame en rien le fait que qu’elle fait tout pour remplir ses obligations en tant que femme envers les membres de la famille, surtout sa mère.

Présente depuis un moment dans le milieu du hip-hop, elle a décidé d’aller apprendre à jouer un instrument de musique. Pour ce faire, elle a rejoint l’Ecole Nationale des Arts. Lors de sa première année, elle a suivi des cours de guitare classique qu’elle ne maîtrisait pas très bien. En seconde année, les choses ont évolué très vite. C’est au cours d’une séance d’orchestration qu’elle a en effet demandé à jouer de la guitare basse, révélant ainsi son amour pour cet instrument à son professeur M. Moustapha Cissé.

Après 4 ans à l’ENA, en 2019, alors qu’elle devait terminer sa formation, Dieu a fait qu’elle n’a pas pu le faire. Mais elle jouait dans un orchestre, jusqu’à son intégration au sein de l’orchestre « Jigeen N ». Cependant, son intégration ne fut pas des plus simples. Contactée par Samba Diaïté, elle avoue avoir mis du temps avant de répondre favorablement. Mais aujourd’hui, elle dit s’y sentir « très bien » et est « ravie » de faire partie de cette orchestre.

Très courageuse Evora ne rechigne jamais à la tâche. Tous les jours, elle quitte Mbour, située à 80 km de Dakar, pour venir assister aux répétitions et aux prestations de l’orchestre. Soutenue et encouragée par sa mère, qui lui assure tous les jours son transport, Evora ne rêve que d’une chose : pouvoir un jour rendre la monnaie de la pièce à cette vaillante maman. Sa passion pour le cinéma ne l’a pas empêché de s’investir entièrement dans cette belle et exaltante aventure.

NDEYE CISSE : PERCUSSIONNISTE ET CHANTEUSE

Ndéye Cissé, de son vrai nom Ndéye Khady Ndiaye, est une artiste férue de percussions qui a très tôt manifesté un grand intérêt pour la musique. Née d’une famille griotte, elle s’est intéressée, dès sa prime enfance, à l’art. Elle a rapidement délaissé les jeux puérils des jeunes filles de son âge pour s’intéresser aux percussions. Ndéye Cissé jouait sur tout ce qui lui tombait entre les mains, surtout les pots de tomate. Son intérêt pour la percussion a fini par prendre le dessus sur toutes ses autres préoccupations. Son « plus que frère » Thierno Niang lui met très rapidement le pied à l’étrier. Pourtant, son attrait pour l’art ne fut pas toujours très bien perçu et compris par tout le monde. Elle était obligée de se cacher pour jouer des percussions.

Ses débuts n’étaient pas faciles car ses parents ne voyaient pas d’un bon œil son irrésistible attrait pour les percussions. En tant que fille, ils le voyaient emprunter un autre chemin plus en adéquation avec son statut de jeune fille. Mais, devant son volontarisme et sa persévérance ses parents, finirent par se rendre compte de la sincérité de son amour pour son art. Ils lui accordent alors leur bénédiction et l’encouragent à faire preuve de rigueur et de sérieux pour réussir dans sa nouvelle occupation. Avec l’aide et l’appui de son mentor feu Thierno Niang, elle intègre très rapidement la troupe des animateurs de l’équipe des HLM Las palmas, en y étant l’unique jeune fille à s’adonner au maniement du Djembé.

En effet, depuis que sa mère a rejoint le domicile conjugal aux HLM Las palmas de Guédiawaye, elle n’a jamais cessé d’évoluer dans ce milieu. Elle a trouvé sur place un groupe dénommé Djembénefou. C’était en réalité la troupe qui était surtout chargée de l’animation en supportant l’ASC Las Palmas. C’est après avoir constaté que le groupe était très aimé qu’ils ont décidé de le transformer en outil de travail. C’est ainsi qu’ils ont formalisé en mettant sur pied un bureau pour gérer la nouvelle structure. C’est donc à travers cet ensemble qu’elle a été découverte par le grand public. Ndeye Cissé eu à réaliser beaucoup de choses au sein de l’entité et très rapidement réussi à creuser son trou.

Une particularité qui finit par lui ouvrir les portes du succès et de la reconnaissance. Elle intègre par la suite le groupe, Djembé Rythme avec lequel elle sillonne le monde. Sur ces entrefaites, elle a réussi la notable prouesse de taper dans l’œil du célébrissime roi du Mbalax, Youssou Ndour, qui lui a permis de côtoyer son idole, Mbaye Diéye Faye, et d’effectuer une tournée en Europe et aux Antilles.

Son intégration dans l’orchestre « Jigeen Ni » s’est faite grâce à M. Samba Diaïté, initiateur et manager du projet. C’est le début de sa première expérience dans un groupe de musique qui est exclusivement composé de jeunes fille. Orpheline de Père, sa maman reste sa seule et vraie amie et confidente.

Ndéye Cissé, qui est une fervente disciple de Bamba et de Mame Cheikh Ibrahima Fall, est une artiste qui a duré dans le milieu. Elle considère que c’est sa passion et son destin qui l’ont orienté vers les percussions. Une sentence divine qu’elle accepte avec philosophie et ferveur. Polyvalente Ndéye Cissé joue du Djembé, du Thioung, du Thiole, Mbeung Mbeung et NBder et Gorong. Elle joue aussi du Khin pour rendre hommage à Mame Cheikh Ibrahima Fall. En sa qualité de doyenne et membre la plus expérimentée du groupe, elle ambitionne de relever tous les défis et de sillonner le monde avec l’orchestre « Jigeen Ni ».

Adama Aidara KANTE avec Voxpop

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